Dimanche 18 janvier 2009
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Les premiers arrivées à l’entrevue, dès 8h15 samedi matin : la gendarmerie et les Renseignements Généraux
… décidément quand les citoyens s’expriment , nos responsables politiques s’inquiètent !
Une délégation de parents
et d’enseignants du collectif a donc été reçue pendant 2 heures par le député maire d’Avranches.
Nous avons rappelé les
revendications du collectif (voir contenu du tract) pour un Service Publique d’Education de Qualité et notre opposition aux réformes en cours.
Le député considère que
« la réforme Darcos n’est pas forcément la panacée » mais il la juge nécessaire car le système scolaire actuel produit trop d’échec, « ce que chacun peut constater » à
l’entrée en 6e, puis au niveau universitaire.
Quand à l’absence de
concertation mise en avant, il n’a pas manqué de rappeler la signature apportée par 2 syndicats à l’accord sur la suppression du samedi matin et à la mise en place du
soutien !
L’autre raison pour
laquelle il soutient la réforme, c’est qu’« il ne faut pas aggraver le déficit budgétaire » . Il s’agit donc bien en l’occurrence, pour l’État, de faire des économies, à l’École
comme ailleurs. Le Collectif s’est bien sûr exprimé sur cette question qui fait que l’économie
prime aujourd’hui sur le politique et l’éducatif. Ce qui vaut aussi pour les 6000 suppressions de postes dans le 1er degré à la rentrée
prochaine !
Sur le dossier de la
scolarisation des enfants de moins de 3 ans, il s’agit d’ailleurs moins d’économies réelles que d’un transfert de charges vers les collectivités locales (où les impôts sont les plus
injustes !). Le député-maire nous a annoncé qu’il avait demandé aux élus de la Communauté de communes de réfléchir à la mise en place d’une structure d’accueil (jardin d’éveil ou autre) pour
cette tranche d’âge. Il estime qu’en dessous de 3 ans, ce n’est pas de l’école, c’est de la garderie (« On ne leur apprend rien »). Évidemment, ce nouveau service sera payant,
selon le vieil adage de son prédécesseur René André : « Ce qui est gratuit n’a pas de valeur. ».
Pour le député, la
responsabilité de l’accueil de cette tranche d’age relève bien de la collectivité locale (l’état a déjà tellement à payer …), peu importe les disparités locales, les décentralisations qui ne
veulent pas dire leur nom, et la remise en cause de la qualité du service publique !
Concernant le passage à la
semaine de 4 jours, il estime que les parents d’élèves sont mal venus de s’en inquiéter aujourd’hui, alors qu’ils auraient pu voter pour le maintien à 4 jours ½ dans les Conseils
d’école en juin dernier. Contradiction
volontairement entretenue entre un vrai débat, qui n’a pas eu, lieu sur les rythmes scolaires et la simple question de l’organisation des heures de soutien qui a été posée aux Conseils
d’Ecoles !
Point positif : il
semble qu’il ait mieux compris le rôle et l’utilité des RASED, après qu’on lui ait longuement expliqué la différence entre l’aide personnalisée sauce Darcos et l’aide spécifique apportée
aux élèves en grande difficulté.
Le Collectif a aussi abordé l’actualité éducative par la mise en œuvre des évaluations CM2 qui se déroulent cette semaine, et qui renforcent le sentiment d’incohérence de ces
réformes.
Le député a fait part
(face à un sujet qui, visiblement, n’était pas abordé dans l’argumentaire distribué par le ministre aux députés !) de son opposition au fait d’évaluer ce qui n’avait pas été abordé par les
enseignants .
Localement, le député-maire reconnaît avoir un « gros problème » avec la maternelle Jacques-Prévert
« dont les locaux sont à moitié vides ». En cas de fermeture de poste à la rentrée prochaine (ce qui est plus que probable), l’existence même de cette école semble menacée à brève
échéance. (À moins qu’on y installe un jardin d’éveil…)
Bien que l’entrevue ait duré deux heures, beaucoup de points n’ont pu être abordés ( réformes dans le second degré, fermeture de 3 collèges dans le Mortainais, sort des associations
complémentaires de l’Enseignement public…).
Le Collectif s’est aussi exprimé sur la forte présence policière et sur l’ambiance « tendue » tout au long de la journée du 12
janvier à St Lo lors de la venue « sur le terrain » du président de la République .