Le dualisme scolaire n’est pas mort
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Cinquante ans après la loi Debré instituant un système de contrats entre l'État et les écoles privées, un constat s’impose : l’enseignement privé n’a en rien renoncé à sa logique
de ségrégation sociale. Il se pose désormais en concurrent du service public et parie sur son affaiblissement.
Il est aujourd’hui de bon ton d’affirmer que le dualisme scolaire public - privé
est dépassé. N’est-ce pas une manière de promouvoir l’idée que l’éducation est un service comme un autre ? Les logiques consuméristes s’étendent à de nombreux domaines, notamment dans
l’éducation et la santé. Aux cliniques privées les opérations les plus rentables ; point d’urgences ni de "CMU" ! A l’hôpital public, les investissements les plus lourds et toutes les
obligations de service public afférentes.
Dans le domaine scolaire, c’est bien la sélection sociale qui est le véritable "caractère propre" de l’enseignement catholique. Les statistiques officielles sur l’origine socio-professionnelle
des familles et l’accueil des boursiers ne laissent aucun doute à ce sujet. Aujourd’hui, un constat s’impose : l’enseignement privé s’inscrit dans une logique libérale avec un objectif
assumé, à défaut d’être exhibé : concurrencer le service public d’éducation.
La France est en train d’instituer une école à deux vitesses où le privé, avec un financement attribué à l’élève, échappe à toute contrainte. L’école privée génère de la ségrégation, au moins
sociale, et obtient plus encore que l’illégitime "parité" des moyens qu’elle revendiquait. De plus, elle s’exonère de toutes les obligations qui pèsent sur le seul service public laïque de
l’Education.
Les adversaires de l’école publique sont nombreux
"Notre école est
malade" assénait à longueur de discours son précédent ministre. Procès à l’emporte-pièce qui condamne sans débat le service public d’éducation. Parallèlement, on a vu fleurir un discours quelque
peu démagogique, où le service public est criblé de flèches assassines : "immobiliste", "dépensier", "ingérable"… et plus grave encore, responsable de la plupart des maux de notre société,
violence, incivisme… Cette crise de l’école n’est pas une nouveauté. Cessons de présenter l’école publique comme uniforme ; elle n’est bien au contraire, que diversité, patchwork
démocratique de publics, de conditions de travail et d’environnements. Cherchons à améliorer l’existant au lieu d’encourager de la sorte l’évasion vers l’enseignement privé. La fuite en avant
actuelle vise à fixer des standards, publier des "résultats", et à s’inscrire résolument, dans une logique de concurrence.
Les réquisitoires contre l’école publique alimentent la stratégie de ceux qui aspirent à démanteler le service public d’éducation pour faire la promotion d’établissements
privés.
La France, une exception en Europe
Au regard de la pratique religieuse, l’enseignement catholique, 95%
des écoles sous contrat, est surreprésenté : seuls 12% des élèves qui fréquentent ces établissements, invoquent des motivations confessionnelles. Le privé est surtout "victime" d’un "succès"
et d’une image savamment entretenus avec des classes à faibles effectifs et des établissements de petite taille (1).
Ce succès est, en réalité très relatif, alors que cet enseignement n’accueille que 11,7% des boursiers et le public 26,7%. Les statistiques relatives aux catégories sociales des parents,
soulignent les mêmes disparités sociales : les enfants des plus favorisés d’entre eux se retrouvent majoritairement dans le privé, ceux issus des foyers les plus démunis, dans le public. En
Europe, la France fait figure de bien étrange exception laïque, finançant bien plus que tous les autres pays les établissements catholiques. L’Italie, le Portugal et la Pologne ne financent pas
l’enseignement catholique qui scolarise moins de 4% des élèves de ces pays.
La loi Debré a institutionnalisé le dualisme scolaire en organisant la ségrégation de la jeunesse, battant en brèche les principes constitutionnels de l’Etat. L’enjeu, plus que jamais, est celui
d’une société organisée autour des valeurs républicaines, au premier rang desquelles, la laïcité. Ces valeurs veulent faire du citoyen un individu autonome, responsable, doué d’intelligence et
d’esprit critique, acteur essentiel du vivre ensemble fondement de la démocratie.
(1) 15% des classes du privé ont moins de 15 élèves et 30% moins de 18. En moyenne 28,4 lycéens dans les classes du public pour à peine 24 dans le privé
( article paru dans UNSA Educ.)

Malgré les mobilisations - qui ont quand même permis de retarder d'un an les fermetures, et de sauver (pour le moment) le collège de Sourdeval -,
3 mois avec sursis pour Pascal Besuelle :" le couperet" est tombé...
Un nouveau ministre de l’Education , Luc Chatel ? :
Pascal Besuelle, militant FSU de la Manche, est convoqué au tribunal correctionnel de Coutances le 23 juin suite à la manifestation du 12 janvier à St Lô (vœux de Sarkosy
) pour violences sans ITT sur agent.
26 mai : MOBILISATION